Fondations : 2°essai

Il y avait tout pour bien faire…

Nous sommes sur la construction d’une maison individuelle, sous CCMI (Contrat de Construction de Maison Individuelle).

Ce type de contrat est très protecteur pour le maitre d ‘ouvrage (Le futur propriétaire).

Ici, nous avons un constructeur sérieux, il a tout préparé :

– Une étude de sol G1, puis G2

– Le dimensionnement des fondations et les plans béton armé, nous sommes en Sud Alsace, en zone parasismique 4.

Les fouilles, et le terrassement en général sont propores.

Un béton de propreté a été coulé en fond de fouille, les armatures correspondent aux prescriptions de l’ingénieur structure.

Bref, tout pour bien commencer.

Désordres apparents: Après quelques jours de séchage, des fissures – dont certaines atteignent 3mm de largeur apparaissent en surface.

La couleur très claire du béton interpelle aussi.

Le constructeur est sollicité sur la conformité de cet ouvrage.

Nous avons affaire a un constructeur sérieux, qui a pignon sur rue. Plutôt que l’éternel discours : Ce n’est pas grave, il y a toujours des fissures, je n’ai jamais eu de problème, etc.. Là, il mobilise l’ingénieur structure pour un avis impartial.

Réunion sur site en présence des parties, maitre d’ouvrage, moi même, le constructeur, son maçon sous-traitant, l’ingénieur structure.

Bilan de l’ingénieur structure : Le béton a une dureté de l’ordre de 17 à 22 Mpa, alors qu’il faut 25Mpa.

Pas de solution de réparation, on arrache et on recommence.

Le béton de fondation a été coulé.

Quelles causes de ce désordre ?

Le maçon a fourni le bordereau de la centrale béton.

La classe de dureté du béton commandé et coulé était en deçà des prescriptions, et 80L d’eau à été ajouté.

L’ajout d’eau est interdit, il modifie substantiellement les caractéristiques mécaniques du béton, il augmente le retrait et donc l’apparition des fissures.

Enfin, le béton a été coulé sous une température supérieure à 30°.

A ces températures, des dispositions sont à prendre pour limiter un séchage trop rapide, lui aussi générateur de fissures.

Bilan : 1 Mois de délai perdu pour le constructeur. Rappelons que le CCMI impose des pénalités financières en cas de dépassement de délai.

Crédibilité du constructeur et de ses sous-traitant.

Bon point cependant, le constructeur assume, agit, pas de langue de bois.

Mais sans mon intervention, cette non-conformité aux règles parasismique serait passée à l’as !

Les fondations ont été refaites.